
Depuis quatre ans, Anaëlle s’investit activement dans la vie associative lavalloise. D’abord administratrice, puis secrétaire, et aujourd’hui en tant que présidente du CRE de Laval, elle partage avec nous son parcours, sa vision et les défis qui attendent notre OBNL, directement liés aux enjeux prioritaires lavallois.
CRE de Laval : Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a amenée à t’impliquer au CRE de Laval ?
Anaëlle : « J'ai grandi à Paris et même si je vivais en ville, ma mère, passionnée de botanique, m’a transmis un profond respect pour le vivant. J’ai étudié l’ingénierie en eau, énergie et environnement, ce qui m’a permis d’explorer différents secteurs par la suite : recherche, OBNL, privé et public. J’ai eu l’opportunité de travailler en Nouvelle-Zélande en milieu municipal sur l’élaboration d’une politique de développement durable, puis au Canada dans la gestion de stations de traitement des eaux. Aujourd’hui, je suis active dans une grosse coalition qui s'appelle le Front commun pour la transition énergétique. Elle vise à faire collaborer différents acteurs vers une transition socio-écologique porteuse de justice sociale. »
« En m’installant à Laval, j’ai découvert une ville riche en initiatives écologiques et en espaces naturels, bien au-delà de l’image d’un territoire rempli d’autoroutes que l’on s’en fait souvent. Laval est un territoire magnifique. On a de beaux terrains agricoles, des boisés, des milieux naturels, aquatiques, ... J’ai donc souhaité m’investir localement et le CRE de Laval, par sa mission, m’est apparu comme une évidence. »
Stratégie et concertation : deux maîtres mots pour Anaëlle
CRE de Laval : Après avoir été secrétaire, te voilà présidente du CRE. Comment envisages-tu ce rôle ?
Anaëlle : « C’est un vrai plaisir ! Le CRE de Laval a passé les dernières années à consolider ses processus internes, que ce soit au niveau de la gouvernance, des ressources humaines ou de la gestion financière. Maintenant, nous avons une base solide et nous pouvons nous projeter vers l’avenir. »
Le futur du CRE, reflet des évolutions sociétales nécessaires
« Quand le CRE a été créé, il y avait une vision de mise en œuvre du développement durable. Aujourd’hui, on parle plutôt de transition socio-écologique, ce qui correspond aux priorités rencontrées par nos sociétés. Notre défi va être, dans les prochaines années, d'inclure cet aspect de justice sociale dans les liens qu'on pourrait créer avec les projets qu'on fait en ce moment, tout en respectant aussi la mission initiale du CRE. Des changements sociétaux s’annoncent et je refuse qu'ils se fassent au prix de populations défavorisées, qui n'auront pas accès au pouvoir décisionnel et qui risquent d’être frappées durement par ces changements. »
« Mon objectif est de participer à construire une vision claire et ambitieuse pour le CRE de Laval, en mettant en valeur le travail incroyable de notre équipe. Comme nous avons une équipe multidisciplinaire, active sur de nombreux sujets et qui collabore beaucoup, c’est très motivant. Nous pouvons être actifs à la fois sur le verdissement, la gestion des eaux de pluie, l’éducation à l’environnement... C’est vraiment riche. »
Un exemple : Laval Zen
« Laval ZéN, c’est une initiative portée localement par le CRE de Laval. L’idée, c’est d‘ouvrir le dialogue avec les organisations, que ce soient les institutions, les groupes communautaires ou les collectifs citoyens, pour planifier collectivement la transition socio-écologique sur le territoire. Toujours dans une logique d’entendre toutes les voix et de faire participer un maximum de personnes et d’organisations. »
« Je pense que ce projet est extrêmement porteur du fait de sa démarche, qui utilise la vision prospective, mais aussi par la mise en place faite sur le territoire. Les liens qui sont créés avec les parties prenantes du projet vont permettre à d'autres projets d'avoir une expansion qui ira dans le même sens. »
Face aux défis climatiques : l’importance d’agir ensemble
CRE de Laval : L’actualité est marquée par des crises économiques et sociales. L’environnement semble parfois relégué au second plan. Comment répondre à cela ?
Anaëlle : « L’environnement n’est pas un sujet isolé, il est au cœur des préoccupations sociales et économiques. Ce n'est pas vrai que les Québécois.se et les Canadien.nes se sont pas intéressés par l'environnement. Un sondage qui est sorti récemment montre que 71% des citoyens canadiens veulent que les gouvernements prennent action par rapport à l'environnement et considèrent cela comme une priorité. »
«Aujourd'hui, ce n'est plus une question d'acceptabilité sociale, c'est une question de volonté politique. »
Environnement, économie et justice sociale : tout est lié !
« L’environnement est au cœur des question liées au coût de la vie, à l’accès au travail ou au logement. »« Pour des travailleuses et travailleurs qui travaillent dans la foresterie, par exemple, l'impact des changements climatiques est direct sur leur travail à cause des énormes feux de forêts qu'on a connus et qui deviennent malheureusement un peu la norme. Cet exemple montre bien que quand on parle d'emploi, on parle de changement climatique. »
« Un autre exemple, ce sont les inondations récurrentes à Laval et l’augmentation des primes d’assurance qui sont liées à la multiplication des sinistres. Pour moi, tout est lié. »
« La transition écologique doit être pensée en lien avec la justice sociale : l'un ne se fera pas sans l'autre. »Une transition à bâtir ensemble
CRE de Laval : Que dirais-tu à ceux qui se sentent impuissants face aux défis climatiques ?
Anaëlle : « Je comprends cette sensation. Aujourd’hui, on ne peut plus croire que l’action individuelle suffit. Recycler, composter c’est bien, mais ce ne sera pas suffisant. Nous sommes rendus au point où, dans les prochaines années, la concertation et la collaboration d'un maximum d'individus va être essentielle, car les changements dont nous avons besoin sont systémiques. »
CRE de Laval : Un dernier mot pour conclure ?
Anaëlle : « Oui ! Je voudrais juste rappeler l’importance de l’action collective. S’impliquer dans sa communauté, à petite ou grande échelle, c’est ce qui permet de voir des changements concrets et de sentir qu’on fait avancer les choses. On n’a pas besoin d’être expert ni d’avoir un temps infini à consacrer : chacun peut s’engager ponctuellement dans des projets qui lui tiennent à cœur, en apportant simplement son expérience et son énergie. »
« Soutenir des organismes comme le CRE de Laval, que ce soit financièrement ou autrement, par le bénévolat ou en partageant simplement nos messages, c’est aussi une façon précieuse de contribuer. Ces engagements permettent de partager réflexions et efforts avec d’autres, et surtout, de réaliser qu’on n’est pas seul dans cette démarche. »
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