Le Roseau commun d’Europe

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Le roseau commun (Phragmites australis) est une espèce de graminées originaire d’Eurasie qui colonise les milieux humides, plages, fossés agricoles ou de bord de route et les terrains laissés vacants. Présent au Québec depuis 1916 environ, il compétitionne férocement avec d’autres espèces telles les quenouilles (Typha) ou la variété de roseau commun indigène, dont seulement quelques populations persistent encore. L’envahissement du roseau aurait connu son apogée dans les années 60, lorsque les autoroutes du Québec ont commencé à être construites. À Laval, il est répandu le long de tout le réseau routier de l’île et on trouve plusieurs colonies un peu partout en périphérie des milieux naturels adjacents à des milieux urbanisés.

Faisant
partie de la famille des Graminées (Poaceae), le roseau commun disperse ses
nombreuses graines par le vent, ce qui explique son comportement de plante
pionnière et sa propagation rapide. Au Québec, toutefois, c’est principalement
de façon végétative qu’il se répand le plus, au moyen de stolons (tiges
rampantes) ou lorsque des fragments de la plante se détachent et vont
développer des racines dans des milieux propices. L’exemple le plus frappant de
la propagation rapide de cette espèce est le cas des battures des
Îles-de-Boucherville, où elle est passée de 1 hectare de recouvrement à 33
hectares entre 1980 et 2002.

C’est aussi
une plante allélopathique, c’est-à-dire que ses racines émettent un composé
chimique qui inhibe la croissance d’autres espèces à ses pieds, ce qui ajoute à
son potentiel d’envahissement.

Les
peuplements de roseau commun forment un ensemble extrêmement dense et haut (les
roseaux peuvent atteindre 5 mètres de hauteur dans certains cas) qui constitue
un très mauvais habitat pour la faune puisque celle-ci ne peut y circuler
aisément, comparativement à un marais de quenouilles. La densité de ses tiges,
qui peut atteindre 345/m2, empêche de plus la survie des autres
espèces végétales qui pourraient servir de nourriture pour la faune.

Le roseau est également une plante qui transpire énormément. C’est pourquoi il demeure très utile pour la décontamination des sols. La présence de grandes populations de cette espèce peut toutefois engendrer des problèmes par rapport au niveau de l’eau des marais et des étangs.

Sources

Programme de sensibilisation aux EEE de l’Ontario

Le naturaliste canadien 

Sentinelle – Gouvernement du Québec