La Renouée du Japon

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La Renouée japonaise (Reynoutria japonica) est une espèce asiatique qui s’est échappée de culture partout à travers le monde et qui représente une menace majeure pour les écosystèmes, principalement ceux longeant les ruisseaux. Pouvant atteindre 3 mètres de hauteur, présentant une tige creuse semblable au bambou et arborant une inflorescence plutôt jolie qui produit beaucoup de nectar, cette plante a d’abord été plantée comme ornement des jardins avant de se répandre dans la nature.

Son secret? Elle n’a pas d’ennemis naturels, mais surtout, elle se reproduit principalement par voie végétative et non sexuelle.

En effet,
la fertilité des graines est très faible en Amérique du Nord. Ce sont plutôt
des fragments issus de n’importe quelle partie de la plante, qu’il s’agisse de
bouts de rhizome ou d’un morceau de tige, qui iront très facilement s’enraciner
et produire un nouveau plant. On la trouvera donc principalement aux abords des
ruisseaux et des fossés, le long desquels les débris végétatifs peuvent
circuler pour aller coloniser de nouveaux sites.

Laissée sans surveillance, la Renouée occupe rapidement tout l’espace disponible. Ses rhizomes s’enfoncent jusqu’à 2 mètres dans le sol et peuvent s’étendre latéralement sur 7 mètres, accaparant l’espace et les ressources. Ils exsudent aussi des toxines dans le sol qui empêchent la prolifération d’autres espèces autour du plant. Ses larges feuilles, en plus de la forte densité de tiges, portent quant à elles ombrage aux plantes alentour ou les évincent simplement par manque d’espace.

À Laval, on
trouve quelques colonies de cette espèce, mais elles sont isolées et ne
semblent pas représenter une grande menace pour le moment. Les dépôts de terre
contaminée en bordure des rues ou au bout des culs-de-sac semblent être les
principales voies de dispersion de cette plante sur notre territoire.

Notez que
d’autres espèces du même genre, comme la Renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis) ou la Renouée de Bohème (Reynoutria x Bohemica), sont également
envahissantes et peuvent être présentes dans les jardins du Québec.

Une colonie bien établie devra être tondue inlassablement pendant des années si on veut l’éradiquer, de manière à épuiser l’énergie contenue dans son imposant système racinaire. Toutefois, l’arrachage du système racinaire n’est pas recommandé, car vous pourriez répandre des brindilles dans la nature!

Sources

Illinois wildflowers

Iriis phytoprotection

Espace pour la vie

Sentinelle – Gouvernement du Québec