Qu’est-ce que l’agrile du frêne et pourquoi devrions-nous être préoccupés par sa présence sur le territoire lavallois ?

L’agrile du frêne est un insecte nuisible introduit dans les dernières décennies en Amérique du Nord à partir de l’Asie.
Il s’agit d’un coléoptère dont une partie du cycle de vie implique de parasiter les arbres, en particulier ceux du genre Fraxinus (les frênes).

Durant l’été, les adultes pondent leurs oeufs dans les fissures de l’écorce. 10 jours plus tard naissent des larves qui, en se nourrissant de l’aubier de l’arbre, creuseront des galleries facilement visibles. C’est lorsque celles-ci deviennent trop étendues qu’elles finissent par perturber la circulation des sèves jusqu’au sommet du tronc, menant à la mort de l’arbre en peu de temps. Les larves hivernent dans leurs galleries, où elles se métamorphoseront en adulte et, le printemps venu, pourront s’envoler pour aller infecter d’autres arbres.

La première mention de ce ravageur au Québec date de 2012 et, depuis, des mesures drastiques ont dû être prises par les municipalités pour endiguer cette épidémie rendue hors de contrôle. À Montréal comme à Gatineau, par exemple, ce sont plus de 40 000 arbres qui auront été abattus d’ici la fin de 2020.
En effet, la proximité et le grand nombre de frênes plantés dans les villes, qui les apprécient particulièrement pour leur ramure fournie et leur croissance rapide, ont constitué des facteurs aggravants importants pour la propagation des insectes.
Aujourd’hui, toutefois, les dommages s’étendent bien au-delà des villes, frappant de plein fouet les écosystèmes naturels. À Laval, où abondent les frênes, on trouve d’ailleurs plusieurs peuplements presque entièrement décimés par l’agrile.

Les conséquences de cette épidémie silencieuse sont donc aujourd’hui d’ordre :

  • Sanitaire, puisque les fonctions de filtration de l’air pollué et de refroidissement de l’atmosphère s’en trouvent affectées;
  • Économique, puisque les coûts d’abattage, de traitement et de replantation sont élevés et multipliés par l’énorme quantité de frênes;
  • Écologique, puisque les arbres abattus ou en dépérissement ne séquestreront plus le carbone qu’ils avaient emmagasiné durant leur croissance, qu’ils ne rempliront plus leurs fonctions de filtration de l’air et d’abri pour la faune, mais aussi parce que les trouées occasionnées par la mort de peuplements de frênes dans les milieux naturels engendrent plusieurs perturbations dans l’écosystème, notamment l’invasion par les espèces exotiques envahissantes comme le nerprun (Rhamnus cathartica).

 

Comment reconnaître sa présence et ralentir sa progression?

Les arbres affectés peuvent mourir en 2 à 5 ans. Ils ne présenteront toutefois leurs premiers symptômes lorsque les larves de l’agrile auront atteint les conduits de sève de l’arbre. À ce moment, les éléments nutritifs ne peuvent plus circuler jusqu’à son sommet et l’arbre verra sa cime se dégarnir rapidement. Des réitérations (aussi appelées « rejets » ou « gourmands ») apparaîtront aussi à la base du tronc pour compenser la diminution de la photosynthèse dans les branches plus hautes.

À mesure que l’infection s’intensifie, de grands lambeaux d’écorce tomberont au sol, libérant l’accès aux oiseaux insectivores qui profitent de cette occasion pour débusquer leurs proies cachées à l’intérieur de l’arbre. Lorsque l’arbre atteint un niveau de dépérissement plus avancé, de larges galleries creusées par les larves de l’agrile sont visibles sur le tronc dénudé.

Pourquoi agir ?

Effets sur la santé et le bien-être

  • Îlots de fraîcheur
  • Maintien de la biodiversité
  • Qualité du paysage

Valeur foncière de votre propriété

  • La présence d’arbre sur le terrain et sa situation dans un quartier boisé augmente la valeur foncière

Non-assurabilité des dommages causés par votre frêne

  • Si votre frêne n’a pas été traité ou abattu à temps, certaines compagnies d’assurances  peuvent ne pas couvrir les frais.

Quoi faire ?

  • Vérifier la présence de frênes sur votre propriété et sur celles de votre voisinage
  • Valider l’infestation par un arboriculteur certifié (www.siaq.qc.ca)
  • Contacter le 311

Options possibles :

  • Traitement au TreeAzine (environ 200$ aux deux ans pendant 10 à 15 ans!)
  • Abattage (plus de 1000$ pour un arbre mature)
  • Plantation d’autres essences d’arbres sur votre propriété

Pour en savoir plus