La rivière des Prairies

La rivière des Prairies longe l’Île Jésus par le sud et
l’île de Montréal par le nord. Comme sa petite sœur plus nordique, elle prend
sa source dans le Lac des Deux-Montagnes, puis se jette dans le fleuve
Saint-Laurent à la hauteur de Repentigny après avoir reçu les eaux des rivières
des Mille-Îles et l’Assomption.

Vue de Montréal-Nord

Au plus fort de l’été, son débit maximum est environ 5 fois plus élevé (1510 m3/s)1 que celui de la rivière des Mille-Îles (357 m3/s)2. Ses eaux sont donc plus oxygénées, mais elles s’écoulent si vite que très peu d’herbiers aquatiques sont capables de prendre racine dans le lit du cours d’eau. Ainsi, alors que 53% de la superficie de la rivière des Mille-Îles est occupée par des herbiers, la rivière des Prairies n’en est recouverte qu’à raison de 19% de sa superficie3. Celle-ci présente donc peu d’habitats productifs pour la faune, mais les zones de grand courant restent toutefois propices à l’établissement de frayères pour les différentes espèces de poissons qui peuplent la rivière.

Malgré que la rivière des Prairies soit un écosystème de grand intérêt pour la faune, ses berges sont fortement artificialisées par la présence de murets. Ces derniers doivent, depuis 1995, être remplacés par une berge naturalisée lorsqu’ils nécessitent des réparations majeures4. Les rives forment aussi une pente beaucoup plus abrupte qui limite l’espace de débordement de la rivière en période de crue. Il en résulte que très peu de terrains adjacents à cette rivière sont situés en zone inondable, contrairement à la situation qui prévaut sur la rivière des Mille-Îles.

Les marais riverains tels que celui-ci sont présents en aval de la centrale de la Rivière des Prairies.

Ce cours d’eau est lui aussi très prisé par les
plaisanciers, mais le fort courant décourage les activités de baignade en
plusieurs endroits, notamment dans les nombreux rapides qui jalonnent son
parcours. Il est aussi harnaché par un barrage hydroélectrique surplombé par la
Centrale de la Rivière-des-Prairies à la hauteur du pont Pie-IX.

Le CRE de Laval, en collaboration avec la Ville de Laval et le Gouvernement du Québec, a acquis en 2004 l’archipel du Mitan, un ensemble de 5 îles totalisant 68 hectares de superficie et qui se situe proche de l’embouchure est de la rivière. L’archipel est aujourd’hui reconnu comme une « réserve naturelle municipale »5 qui contribue à la conservation de plusieurs espèces végétales à statut précaire et sera protégé à perpétuité.

Sources

1https://www.cehq.gouv.qc.ca/hydrometrie/historique_donnees/fiche_station.asp?NoStation=043301

2https://www.cehq.gouv.qc.ca/hydrometrie/historique_donnees/fiche_station.asp?NoStation=043202

3Centre Saint-Laurent. 1996. Rapport-synthèse sur l’état du Saint-Laurent. Éditions multimondes. 15 pages.

4CANARDS ILLIMITÉS CANADA. 2012. Plan de conservation des milieux humides et de leurs terres hautes adjacentes de la région administrative de Laval, (en ligne), (http://www.canardsquebec.ca), 22 p.

https://repertoire.maps.arcgis.com/apps/MapSeries/index.html?appid=1c8068ca1bde437f9ee6dbd552f69d12